Restaurant Nonbe Daigaku

Pour ceux qui connaissaient l’excellent Tagawa sur l’Avenue Louise (fermé depuis un bon moment), je vous propose de retrouver le maître sushi de l’époque Yosuke SUETSUGU, dans son restaurant Nonbe Daigaku qui fête dans quelques jours son 10éme anniversaire.

D’abord il vous faudra trouver une place de parking dans la rue et ne pas oublier de placer votre disque bleu. Puis vous entrerez dans cet immeuble austère, et là vous serez accueilli comme des rois, même si, comme moi, vous n’êtes pas un habitué.
Question déco ne vous attendez pas à quelque chose de design, le restaurant est petit (25 couverts) un poil austère, mais il parait que c’est dans ces conditions que les chefs japonais tirent leur sentiment de sérénité. En plus de ça le chef a une vue sur toutes les tables et tous les convives.

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Dans un “vrai” restaurant Japonais, j’aime m’asseoir au comptoir, c’est là que vous aurez la plus belle vue sur la préparation de vos plats et que vous pourrez admirer toute la dextérité du maître sushi. Et c’est aussi l’occasion de faire de belle rencontres, nous avons eu de formidables voisins de table lors de ce repas.

La chose qui m’a le plus étonné au restaurant Nonbe Daigaku, contrairement à la plupart des restaurants japonais, c’est que le chef vous parle :-). On est tellement pas habitué du tout à ce que les maîtres sushi nous fassent un brin de causette, mais c’est tellement agréable d’avoir toutes les réponses à nos nombreuses questions, celles que d’habitude on ose pas poser de peur de froisser les coutumes. On peut s’en remettre à Yosuke les yeux fermés, par exemple il m’a proposé un menu à 18€ qui pour lui est idem au plat sur la carte à 20€.

Au restaurant Nonbe Daigaku, le chef est aimable (rare), souriant (encore plus rare), c’est peut être qu’il a passé trop de temps au plat pays. En effet cela fait 40 ans que Yosuke SUETSUGU habite en Belgique, et dix ans qu’il officie dans son propre restaurant. Il a été le pionnier des restaurants japonais en Belgique, et face au succès de la cuisine japonaise, les imitations ont poussées comme des champignons.

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Le restaurant Nonbe Daigaku garde depuis plusieurs années sa note de 15/20 au Gault & Millau, et un couvert au guide Michelin.
Si les fameuses “étoiles” concernent le domaine de la restauration gastronomique, les “couverts” tiennent compte du confort, de l’accueil, de la propreté, du service, des équipements, du décor et de l’harmonie du restaurant visité.

Le 16 décembre 2016 Yosuke SUETSUGU a été décoré du titre de chevalier de l’ordre de Léopold II, par le ministre des affaires étrangères Didier Reynders. Était également présent ce jour David Martin du restaurant la Paix, que l’on aperçoit dans le miroir 🙂

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Photo Copyright www.didierreynders.be

Yosuke SUETSUGU nous vient de Tokyo ou il a fait une partie de sa carrière, puis c’est Nagoya et Paris. Il débarque à Bruxelles en 1977, pour y être le chef du Tagawa, fermé depuis. En 2007, il ouvre à Ixelles son propre restaurant le Nonbe Daigaku.

Dès son ouverture le restaurant est pris d’assaut par la communauté nippone de Bruxelles. C’est l’adresse japonaise que l’on se passe sous le manteau. Yosuke SUETSUGU a réussi à mettre d’accord tous les amateurs de la gastronomie japonaise.

Les produits sont d’une fraîcheur exceptionnelle, le service attentif et la gentillesse de mise.
Sushis, sashimis, filet de patte noire (poulet) en sashimi servi avec jaune d’œuf et sauce soja, langouste crue servie dans sa carapace garnie de quelques copeaux de feuille d’or, une purée d’avocat et, de minuscules et croquants œufs de raie, flan aux huîtres tièdes, au king crab et aux champignons parfumés à l’orange ou encore intestins de calamars… voici le menu.

Si le sushi est devenu une mode, et que tout un chacun aime s’y essayer, réaliser un véritable sushi nécessite un apprentissage de plusieurs années. La cuisine au Japon est à l’image de l’horlogerie suisse, précise et méticuleuse. Dans la découpe, la préparation ou le service, rien n’est laissé au hasard afin que les plats servis soient irréprochables. C’est pourquoi avant de devenir un grand maître reconnu du sushi, un apprenti devra suivre l’enseignement du maître pendant au moins 10 ans. Et encore, impensable qu’il mette réellement la main à la préparation avant au moins 5 ans !

Ici on est pas chez Sushi Shop, Yosuke SUETSUGU a d’ailleurs formé quelques élèves, dont le plus connu et sans doute Tomoyasu Kamo du restaurant Kamo, le seul restaurant Japonais étoilé en Belgique.

Je vous laisse admirer le spectacle, avec cette vidéo réalisée le jour de ma visite (04/01/2017).

Avant de commencer, voici comment on mange un sushi et quelle boisson choisir pour l’accompagner, afin de ne pas passer pour un touriste.

Les sushis se mangent avec des baguettes ou avec les doigts. Au Japon, il est mal vu de mélanger le wasabi à la sauce soja. Lors de sa consommation, il faut tremper le neta seul (ce qui recouvre le riz, qui peut-être du poisson des légumes…), afin d’éviter d’humidifier le riz, celui-ci se délitant (désagrège) au contact du liquide. En Occident, cette pratique est rarement respectée, et le wasabi est mélangé avec la sauce soja, puis le sushi est trempé dans ce mélange, côté riz 🙁
Entre deux sushis différents, on peut manger une tranche de gingembre mariné, appelé gari, pour retirer le goût du sushi précédent.
Les boissons servies en accompagnement peuvent être le thé vert (notamment le Bancha Hojicha : thé torréfié), du saké frais ou tiède, ou encore de la bière, Japonaise bien sûr.

Nous avons choisi de prendre pour commencer un menu sushi 6 pièces et un menu tempura gambas, servi avec une petite salade et une soupe miso, le tout à 18€ le menu. Et comme boisson pour accompagner notre repas, du thé vert.

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Voir le chef préparer devant soit donne des idées et ouvre encore plus l’appétit, chaque fois que je voyais Yosuke SUETSUGU terminer une assiette, je demandais le nom du plat et que celui-ci soit rajouté à mon menu.

C’est ainsi que nous avons pu goûter, des huîtres pannées.

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Un petit assortiment de sashimi.

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Un ebiten maki (tempura maki).

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Et terminer par un dessert du pâtissier Yasushi Sasaki  : Micassa, une sorte de petits pancakes aux haricots rouges.
Et un sorbet au yuzu (un fruit Japonais hybride de mandarine sauvage et de citron d’Ichang).

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C’est pour moi le meilleur restaurant Japonais de Bruxelles sans hésitation. Le wasabi est fait maison, les produits sont très frais. Il faut compter 18€ pour un menu lunch. Notre ticket du jour pour deux personnes était de 104€ ce qui je trouve reste raisonnable. Nous avons pris deux fois du thé.

Pour l’avoir lu sur le blog d’un ami, il est vrai que la gentille serveuse oublie de donner le nom des plats, mais pour avoir le chef en face de moi, j’ai pu avoir la réponse à ma question. Apres tout on est peut être sensé savoir ce que l’on a commandé.

Le parking reste difficile, il faut s’armer de patience et j’ai du sortir pour remettre mon disque bleu à jour.

Cela me donne envie de retourner au Japon et de rencontrer le maître sushi Jiro Ono, un trésor culturel du Japon et chef du restaurant sukiyabashi ; le seul (avec Araki en 2010) établissement de sushi à avoir décroché 3 étoiles Michelin.

Restaurant Nonbe Daigaku, 31 Avenue Adolphe buyl 1050 Ixelles. Téléphone : +3226492149 (pensez à réserver).

Cet article n’est pas sponsorisé, les photos de cet article qui portent le ©Carnets de Normann (BXL5) ont été prises par son auteur. La mention : “Cet article n’est pas sponsorisé” signifie que je n’ai pas été invité, j’ai donc payé mon addition.

12 Comments

  1. Et c’est là où effectivement je dis pas cool parce que c’était effectivement une petite adresse sous le manteau, où la qualité du chef (souvent on est quasi les seuls à parler français comme clients 🙂 se ressend et où effectivement y’a peu de place …

    1. Bah Vaguener, c’est plus si “sous le manteau” que ça 🙂 maintenant qu’il est passé un peu partout dans les journaux, et qu’il est ouvert depuis 10 ans. Mais ça restera dans son jus, puisque les tables sont minimes, 25 couverts maximum. Donc il ne faut pas s’inquiéter de mon petit article “je ne suis pas le journal le Monde” “ou en Belgique “la dernière heure”. Seuls les passionnés me suivent (comme vous Vaguener). Donc pas d’inquiétude, shutttt on le dis à personne d’autre promis 🙂

  2. Merci Norman pour cet article. Nonbe Daigaku est plein de charme et d’authenticité c’est vrai. Cependant pour les sushis et sashimis, je trouve que Yamayu Santatsu, chaussée d’Ixelles est un cran au-dessus en termes de qualité des poissons et variété des choix. Pour le reste, Nonbe Daigaku est effectivement très authentique.

    1. Bonjour Laurent.

      La patronne est pas sympa chez Yamayu Santatsu, j’avais l’habitude d’y aller 2x par mois mais quel stress le midi, elle est stressante cette dame.
      Donc je préfère le calme du Nonbe Daikaku du coup 🙂

      Merci pour ton avis Laurent
      Normann

    1. Cher Michel, je n’ai jamais testé le restaurant Samourai uniquement le Samourai Ramen (que je n’ai pas trouvé formidable). D’après les aficionados du Sushi il semblerait que Nonbe Daigaku soit meilleur en effet. Je vous propose de tester puis de faire la comparaison et de revenir ici nous donner votre point de vue. Merci a vous

      Normann

  3. Salut Normann,
    Ton article donne envie d’y aller.
    Je te souhaite, ainsi qu’aux tiens, une excellente année 2017 teintée d’audace.
    Bien à toi
    Philippe

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